Les épargnés

Non ! On n’est pas un lâche quand on abandonne un mauvais roman dès la première page, c’est se donner une chance de rester en vie pour en lire de meilleurs…

Général Portal

Mourir de pire…

Milan Kundera a écrit La fête de l’insignifiance à l’âge de 85 ans ce qui confirme bien que si la valeur n’attend pas le nombre des années, le génie, lui, les cumule.

Pour rappel, Kundera c’est cet homme venu d’un autre pays que le nôtre – un peu comme Bernard Werber, mais lui c’est d’une autre planète – et qui a toujours écrit autour ou sur la frivolité des choses, qu’elles soient matérielles ou philosophiques. François Busnel (le monsieur propre de La grande librairie qui est toujours bien rangée, jamais en désordre, et devant laquelle on s’endort) a bien tenté d’expliquer cela dans un article paru dans L’Express mais il n’y est pas arrivé.

« Plane sur ce texte, impeccablement construit, le sourire de l’écrivain »

… Alors que bien sûr Kundera n’a aucune envie de sourire, mais de pleurer de rire… Qu’un artiste n’est pas un maçon, ni un constructeur… Et que celui qui plane c’est Busnel.

Ce livre est le guide parfait à conseiller aux lecteurs qui pensent que Bernard Werber, ou Guillaume Musso, ou Virginie Grimaldi, ou Grégoire Delacourt n’ayons pas peur des maux, sont des écrivains car il contient les deux mamelles de la preuve littéraire – qui sont pour rappel : l’histoire et le style, ou quoi dire et comment le dire – au téton desquelles il fera toujours bon se nourrir spirituellement.

à travers l’évocation d’une histoire pourtant banale (ce qui prouve que la mamelle du style reste la plus importante) – celle de Staline qui aurait tué, au cours d’une partie de chasse, 24 perdrix – et d’une discussion entre caciques du parti communiste, dans une pissotière, Kundera démontre une fois de plus que c’est l’humour et l’insignifiant qui auraient pu sauver le monde mais que puisque la dérision conduit à l’anarchie et l’insignifiance à s’intéresser à la réalité de la condition humaine il restera éternellement « préférable » de se prendre au sérieux et de se croire immortel.

RiP.


Les anciens épargnés