Essai transformé ?

Le prix Renaudot Essai de 2018, qui a été attribué sans discussion inutile à Olivia de Lamberterire pour son livre Avec toutes mes sympathie (Stock – 2018), aurait dû s’estampiller Prix Renaudot du cliché ce qui aurait permis à Polaroïd de proposer gratuitement, pour toute pellicule de tristesse achetée, une autre pellicule encore plus triste.

Vous pensez qu’en débutant une critique de la sorte on a décidé de se moquer ? Alors lisez donc plutôt cette phrase tirée du livre de madame de Lamberterire si vous nous prenez pour des plaisantins :

« Recouvert d’une fine pellicule de tristesse, j’allume mon ordinateur »

Mais pour bien comprendre la portée littéraire de cette œuvre, qui est à l’art littéraire ce que Pif était à son gadget, cessons de trop nous faire passer pour des rigolos et concentrons-nous sur ce texte que les spécialistes qualifieront sûrement d’auto-fiction mais le problème est ailleurs ; notamment dans cette prochaine phase :

« Changer de vue, à défaut de changer de vie »

Ou celle-ci qui fait déjà fureur chez les conducteurs de dromadaires du désert de Gobi : 

«  J’ai bossé jusqu’à plus soif… »

Ou cette autre réflexion philosophique au style échevelé qui pourrait, pourquoi pas, servir de sujet principal lors d’un prochain baccalauréat : 

«  Je suis presque heureuse d’avoir encore des poils pubiens »

Mais parce qu’Olivia de Lamberterire n’a pas que des capacités d’écrits vains, que la poésie fait aussi partie de son cheptel de compétences, on vous propose cette autre sentence digne d’une poésie de Gérard de Nerval (quand il était ivre) :

«  Un matin froissé de papier de soie »

Et maintenant pour conclure, pourquoi ne pas profiter de cette dernière citation écrite grâce aux qualités intrinsèques de la très chère Olivia de Lamberterire qui, ne l’oublions pas, est une critique littéraire très reconnue même dans la rue (Le masque et la plume, France 2, le magazine Elle…) qui donne toute l’année son avis sur des livres, et donc qui devait éprouver le désir de se faire elle-même critiquer ; enfin c’est ce qu’on pense. Cette ultime citation va mettre en valeur le sens aigu de la synthèse de cette auteure débutante, c’est-à-dire cette capacité d’exprimer en quelques mots ce que d’autres mettraient une vie à ne pas oser dire :

« les mauvais écrivains me bouffent la vie » 

Le sujet de ce livre ne prêtant pas à rire (il évoque le suicide du frère) il peut inciter à l’indulgence, c’est-à-dire à la complaisance ; mais après réflexion nous nous sommes convaincus que ce n’était pas parce que l’on attribuait le Renaudot Essai à un livre que cet essai était nécessairement réussi.

NB : toutes les phrases citées dans cette critique sont tirées du livre de madame de Lamberterire, si vous ne le croyez pas, et on peut aisément le comprendre, vous n’avez qu’à vérifier, mais franchement, on vous souhaite de nous croire sur parole… 

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