Fallait oser !

Afin de ne pas laisser à nos contempteurs le monopole du dénigrement (ils nous reprochent de critiquer des livres sans avoir besoin de les lire, c’est fou non ?) nous nous sommes risqués dans une jungle qui semble avoir son petit succès mais qui finalement n’est jamais vraiment explorée en profondeur…

Nous avons ramené de notre aventure quelques perles, et ces découvertes nous auront permis de nous convaincre que décidément, souffrir pour ces quelques babioles est bien inutile. Parfaitement… De ce périple nous retiendrons cette morale : lire plus d’une page de certains livres est inutile pour se convaincre qu’ils sont nuls.

Commençons, à tout seigneur toute horreur, par Grégoire Delacourt qui, dans Les quatre saisons de l’été, roman sorti pour le grand préjudice des arbres en 2015, nous écrit ceci :

«  Les hommes sont des voleurs qui ne gardent pas leur butin »

Remercions donc cet auteur d’avoir utilisé la littérature pour nous proposer ce genre de réflexion, surtout quand on connaît le sujet de son fameux livre, La liste de mes envies ( JC Lattès – 2012), dans lequel le mari partait en voyage, justement, avec le magot volé à sa femme (joueuse de loto)… Faudrait savoir Grégoire.

Poursuivons notre randonnée avec David Foenkinos qui, dans Je vais mieux (roman thérapeutique publié 2013), nous affirme que :

«  On devrait vivre sa vie à l’envers pour ne pas la rater »

Ce qui nous permet de conseiller chaleureusement à ce cher David de peut-être écrire ses prochains livres en commençant par la fin.

Toujours survivants, c’est ensuite un roman d’Agnès Ledig qui s’est mis en travers de notre chemin littéraire. Dans De tes nouvelles (2017) elle se permet de nous proposer une ordonnance que même un sexologue n’aurait pas osé écrire, c’est vous dire comme la littérature est supérieure à la science :

«  Être amoureux, c’est avoir le corps qui vibre et entendre cogner son coeur accroché à un gros élastique solide »

Ce qui, vous en conviendrez, donne envie d’être amoureux, surtout pour l’élastique.

Concernant Thibault de Montaigu, qui a eu droit à un court moment de faiblesse de notre part (nous étions prêts à épargner son dernier opus), on peut affirmer après être sortis indemnes de son livre qu’il est à la littérature ce que les blagues de Toto sont à l’esprit français. On en veut pour preuve ces quelques sentences qui auraient pu sortir tout droit du cerveau d’un primate ce qui, vous en conviendrez, n’est pas charitable envers nos amis les bêtes. Pour vous éviter de perdre votre temps nous vous avons ramené de notre excursion ces quelques preuves de lucidité de l’auteur de La Grâce (2020) dans lequel ce cher Thibault veut nous faire croire que la foi lui est tombée dessus alors que si c’était vrai il nous aurait fait grâce du contenu de sa pensée, en bon chrétien charitable…

« C’est quand tout s’achève que tout commence »

… ou encore pour les anti-conformistes :

« Il faut parfois fermer les yeux pour que vienne la lumière »

… ou pour ceux qui pensent encore que les cheveux ne poussent que sur la tête : 

« Sa tête est toute remplie de cavalcades échevelées »

… ou pour ceux qui ont peur des divorces :

« Les ruptures lui font moins peur que la roulette du dentiste »

… ou pour ceux qui ont peur de grossir :

« Sa largesse fait l’admiration de tous »

… ou pour les mêmes : 

« Le néon accusateur du frigo »

… ou pour ceux qui aiment les douches :

« Il en est inondé de joie »

… et enfin pour ceux qui l’avaient oublié :

« Aussi lourd que du plomb, aussi fluide que de l’eau »

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