Au nord, y avait les corps ronds

C’est jamais facile de se dire qu’on va pilonner le livre d’un brave type. Pourtant tout avait bien commencé. Nous avions commencé à lire avec sérieux les premières lignes de Ce qu’il faut de nuit (La manufacture des livres – 2020), nous avions très vite compris que ce roman était à la littérature ce que Les pieds Nickelés sont au grand banditisme (ou Pierre Bachelet à la musique classique) mais ensuite, et malgré toute notre expérience, nous avons commis la boulette. Nous avons confirmé cette pensée du grand Salomon Hezerstein (ce type n’existe mais nous avons besoin d’une citation pour étayer notre propos, alors pour gagner du temps nous allons en inventer une).

Alors bon, comme disait Salomon Hezerstein, ce grand penseur qui devrait être enseigné dès la maternelle tellement il racontait si bien les histoires drôles :

« Éprouver de la pitié, c’est mépriser sans la haine… »  

… ou pour dire les choses plus simplement, admettons que nous avons commis l’irréparable, surtout quand on ne doit pas se poser de questions au moment de détruire la cible qu’on s’est donnée. Pourquoi vous le cacher plus longtemps, nous n’en sommes pas fiers mais les faits sont là : nous avons commis une erreur de débutant ; nous avons bêtement regardé la photo de Laurent Petitmangin.

On sait, on n’aurait pas dû, mais on parle tellement de son livre dans les médias qu’immanquablement nous sommes tombés sur lui ; un peu comme si on nous avait demandé de traverser un champ de mines.

Nous avons d’abord pensé qu’il s’agissait du visage de Pierre Bachelet, juste avant ou juste après avoir pensé à composer Les Corons 2, mais parce que Pierre Bachelet est mort, on a bien été obligé d’admettre que non ; que ce visage si gentil, ce sourire si pertinent, cette humilité, cette sobriété, ce regard mélancolique, n’appartenaient pas à Pierre Bachelet mais au lauréat du prix Fémina des lycéens (ce qui prouve bien que notre jeunesse a encore quelques rebelles dans ses rangs…).

Comment vouliez-vous qu’après ça nous puissions pilonner son livre ?

Alors bon, et ces premières pages, vont nous demander les plus vicieux qui ont déjà compris que si Petitmangin avait été doté par la nature d’un visage moins sympathique il y a longtemps que son livre aurait été pilonné ; eh bien pas grand chose. Sinon quoi ? Vous dire que ce tout petit livre, si fragile, si plein de rien, avec toutes ces petites phrases qui s’enchaînent comme des petits pétards mouillés, ne mérite pas notre mépris mais notre bienveillance, voilà. Nous pensons même que c’est une première dans le métier de critique littéraire : on ne va rien dire sur un livre parce que son auteur à une tête de brave type. On ne peut pas mieux exprimer le sentiment qui nous étreint (tiens, voilà qu’on se met à écrire comme G. Musso)

Maintenant, si vous voulez un vrai conseil, si jamais vous vous demandez si c’est possible qu’un gamin élevé selon des valeurs dites de gauche, par un père cheminot et encarté là où il faut, peut devenir un jour un militant d’extrême droite ; alors lisez plutôt la biographie de François Mitterrand qui lui a fait le chemin inverse.

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