Changer l’eau en vain

Ce pilonnage rapide et efficace aura pour cible le livre de Valérie Perrin (Perrin…. Comme le Perrin des films comiques de Francis Veber, vous vous souvenez ? Le grand blond avec une chaussure noire, très drôle.  On vous dit tout ça alors qu’on ne sait pas si Valérie Perrin est une grande blonde* avec une chaussure à talon noire mais ce qu’on sait c’est qu’elle est aussi efficace en littérature que François Perrin l’était en espionnage) ; mais revenons à ce livre au titre évocateur Changer l’eau des fleurs.

Déjà, le premier conseil que l’on pourrait donner à Madame Perrin c’est qu’après avoir changé l’eau des fleurs, il faudrait aussi qu’elle pense à changer les phrases de son livre.
Voici d’ailleurs quelques exemple pris au hasard dès la première page.
Notamment celle-ci :

« J’ai poussé très droit comme si l’absence de parents m’avait mis un tuteur sur la colonne vertébrale »

car elle provoque le besoin de se questionner afin d’imaginer ce qu’il serait arrivé à notre héroïne si l’absence de parents avait placé le tuteur un peu plus bas. En botanique, un tuteur est un piquet servant à soutenir une plante lors de sa croissance, pourquoi on vous rappelle ça ? Pas seulement parce que le titre du livre évoque les fleurs, mais surtout parce que l’héroïne s’appelle… (roulements de tambours)… Violette ! Parfaitement ! Et c’est alors que nous devons prévenir les personnes non familiarisées avec les théories de la physique quantique ou de la fusion atomique de ne pas lire ce qui va suivre car cela risque de perturber leur vie sociale pour plusieurs décennies (on se permet de dire ça car Valérie Perrin semble faire partie, pour la majorité de nos contemporains, du clan très fermé des véritables écrivains, alors que pour nous elle serait plutôt l’égale d’un Einstein de l’écriture qui aurait inversé E avec MC2). Pour les autres, les plus intrépides, si vous êtes toujours là, alors suivez-nous, c’est par là que ça se passe…

Donc, vous vous rappelez… Le livre s’appelle Changer l’eau des fleurs, la narratrice possède un tuteur dans le dos et son prénom c’est Violette. Eh bien dites-vous bien que rien ne vous sera épargné, et que son nom de famille c’est… Toussaint ! Parfaitement ! Pourquoi on vous dit tout ça ? Parce que vous savez comme nous ce qui se passe à la Toussaint, dans tous les cimetières de France et donc d’Alsace-Lorraine ? On fleurit les tombes… Très bien. Alors, écoutez la suite, écoutez ce que notre physicienne en herbe a fomenté dans son réacteur à particules mentales… Elle n’a rien trouvé de mieux que de donner comme travail, à sa Violette, celui de gardienne de cimetière… On vous avait prévenus. Valérie Perrin ne prend pas ses lecteurs seulement pour des abrutis mais pour des chercheurs scientifiques. Et pour nous faire pardonner cette démonstration perturbante pour les personnes qui se passionnent pour les travaux de recherche du docteur Perrin on vous offre cette citation tirée de cette thèse sur l’eau des fleurs et des cimetières car elle démontre scientifiquement que le problème de pénurie d’eau potable dans le monde peut-être facilement résolu :

«  Je suis gardienne de cimetière, je ne bois que des larmes »

Ensuite, et si vous avez le courage de poursuivre votre lecture au-delà de la dixième ligne, vous trouverez cette autre phrase : « C’est un homme droit qui a la joie de vivre dans le sang » qui vous donnera, à vous aussi, « le droit » de vous demander d’où vient cette obsession de Madame Perrin pour les gens droits, qu’ils soient ou non équipés d’un tuteur sur la colonne vertébrale, et surtout quand on écrit à ce point de travers.
L’avantage avec ce genre de phrases c’est que vous pourrez ensuite imaginer – parce que même devant le vide abyssal il faut savoir ouvrir son parachute et déployer son sens de l’humour comme des ailes – ce dialogue entre un malade et son docteur :

– Nous avons reçu vos analyses de sang, alors j’ai deux nouvelles à vous annoncer… La mauvaise, c’est que vous manquez de globules blancs…
– Et la bonne ?
– Vous avez un taux de joie de vivre très élevé… Alors bien sûr, après ce que je vous ai annoncé, au sujet de vos globules blancs, votre taux de joie de vivre risque de baisser, mais rassurez-vous, on va surveiller tout ça de près, et le cas échéant on vous fera une perfusion…
– Une perfusion de quoi ?
– Eh bien de joie de vivre, dans votre sang…
– C’est une plaisanterie ?
– Bien sûr que non, je suis très sérieux… J’ai même imposé le port du masque à mes enfants pour manger leur goûter, c’est vous dire.
– Mais c’est des conneries tout ça ! de la joie de vivre dans le sang… Où vous êtes allé chercher ça ? Heureusement que je n’ai pas fait une analyse d’urine, vous imaginez le résultat ?
– Je vous trouve assez méprisant, cher monsieur…
– Mais enfin ! À la rigueur dans la tête, mais dans le sang…Franchement…
– Vous voulez que je vous dise ce que je pense ?
– Au point où on en est…
– Je pense que vous ne devez pas changer souvent l’eau des fleurs, vous.

*Après vérification, Valérie Perrin n’est pas blonde.

NB : Il semblerait que ce livre ait reçu en 2018 le prix Maison de la presse. On se demande bien ce qu’ils avaient pressé comme raisins le jour du vote.

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