Quand chat vaut rien, chat vaut rien

Bernard Werber ne sait pas écrire mais ce n’est pas très grave. Il y en a d’autres qui ne savent pas nager et ce n’est pas pour cela qu’ils se noient. Son livre Demain les chats (2016) est nul mais ça peut arriver ; je connais par exemple des gens très bien qui après plusieurs années de natation ne savent pas que le papillon est un Lépidoptère.

On aimerait demander à Bernard Werber pourquoi il a appelé ça Demain les chats et pas Après-demain les poules. Bien sûr que Bernard Werber nous répondrait : « Parce que mon livre parle des chats » mais nous alors on lui demanderait pourquoi Jack London n’a pas intitulé son livre Demain les chiens en écrivant Croc Blanc mais ça nous conduirait à pas d’heure alors que notre objectif, quand même, c’est d’abord de vous donner envie de lire ce grand livre d’humour, celui de Bernard Werber, Jack London ayant beaucoup moins d’humour que lui. Il faut dire que lorsqu’on est occupé à faire de la littérature on ne peut pas aussi perdre son temps à écrire pour faire rire. Nous vous conseillons allègrement, pour bien vous fendre la poire, le passage franchement hilarant au cours duquel un chat explique à un autre chat que l’orifice qu’il a sur le crâne est l’emplacement réservé pour y insérer une clé USB tout en nous étonnant que Dany Boon n’ait pas encore pensé à adapter ce film au cinéma. Bref. Nous voilà déjà à 12 lignes sans avoir pu démontrer que Demain les chats vaut bien une ration de Ronron, alors ce qu’on vous propose (ce qui est une formule très polie mais totalement inutile puisque c’est moi qui commande la bataillon) c’est de vous démontrer, en commentant SEULEMENT la première page, que Bernard Werber est à la littérature ce que les magasins IKEA sont à l’ébénisterie.

Pour les fans du monsieur, ceux qui penseront que les exemples que nous citerons sont des mensonges, que Bernard Werber serait bien incapable d’écrire aussi mal, nous leur conseillons de relire sa première page ; pour les autres, ne relisez rien parce que la vie est courte.

Tout commence dès le titre du chapitre : « Ma quête* ». Comme quoi, on peut aussi écrire comme un pied et être habile de ses mains. Ensuite, c’est parti : «  Depuis ma plus tendre enfance » (n’oublions pas que c’est un chat qui parle). Alors déjà, un chat ayant 7 vies (j’ai vérifié, il paraît que c’est possible si on lui change les piles) j’aimerais que Monsieur Werber nous précise de quelle enfance il parle. Celle de la première vie, de la troisième, ou de la septième ? Sachant que le cliché éculé (tendre enfance) est déjà très mauvais dans un roman qui évoque les humains, alors que dire quand il concerne un chat qui en a sept (d’enfances).

Ensuite, nous avons ceci : « Ce sont toujours des rencontres qui nous changent » ; ben voyons. Et pourquoi pas la crise sanitaire, un crédit refusé par la banque et les impôts qui augmentent ? Quand on affirme que ce sont toujours les rencontres qui changent les gens, il faut le démontrer ; eh bien tenez-vous bien à ce que vous voulez, Bernard Werber nous écrit ceci pour nous expliquer le pourquoi de son affirmation :

« Sans lui, peut-être que je ne serais qu’une chatte comme les autres »

Décryptons toute cela. Si Bernard Werber affirme qu’une chatte, grâce à une rencontre qu’elle aurait faite, ne ressemble pas aux autres chattes qui sont donc toutes pareilles, cela signifie qu’aucune de ces chattes ne pourraient dire qu’elles sont différentes des autres, vous me suivez ? Un peu comme s’il existait sur terre un individu qui ne serait pas comme l’ensemble des autres individus ; le problème, étant que le nombre de personnes qui disent, ou sont convaincues intimement, qu’elles ne ressemblent pas aux autres est difficilement quantifiable, et que surtout l’ADN prouve que tout être vivant est unique… Donc, la chatte de Bernard Werber n’est pas différente des autres chattes, et Bernard Werber nous a donc menti. CQFD. Sauf que ce monsieur pourrait nous opposer un argument à notre démonstration : sa chatte, celle du livre, a une clé USBB sur la tête. C’est vrai. Vous avez compris ce qu’il vous reste à faire, pour ne pas être comme les autres, ne revendiquez pas votre personnalité, faites-vous greffer une clé USB sur le front.

Nous conclurons ce pilonnage par cette phrase : « Toutes les aventures fantastiques qui me sont advenues » ; car il nous semble intéressant de nous arrêter un moment sur le verbe intransitif Advenir pour demander à Bernard Werber s’il sait que même le dictionnaire, qui n’est pourtant pas connu pour être à la pointe de la modernité, qualifie ce verbe de « vieilli et rare » ; dommage pour un livre de science fiction.

Nous aimerions dire haut et fort que le livre de Bernard Werber mérite donc tout notre respect, puisque dès la première page on sait qu’on ne va pas s’ennuyer, mais franchement on a autre chose à faire.

*car comme dit mon voisin : pour ma quête d’avions, il faut de la colle et des bons doigts

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